SAN FRANCISCO, Californie - Les cinéphiles débattront jusqu'à la
fin des temps de la meilleure poursuite de voitures de tous les temps : celle
de la French Connection, de Ronin ou de l'un des films de la série La
matrice.
Mais,
pour ceux d'un certain âge, dirons-nous, c'est la poursuite
impliquant Steve McQueen dans sa Ford Mustang vert foncé et
une Dodge Charger noire, à travers les rues de San Francisco. La Charger
fini
dans une boule de feu après avoir percuté une
pompe à essence.
La
voiture que conduisait Steve McQueen était une 390
GT 1968, d'un vert foncé 'écossais', équipée de roues
American Racing Torque-Thrust, et avec toutes ses inscriptions ou insignes
extérieurs enlevés.
Ce fut la recette de la Mustang Bullitt 2001
et la même suivie
par le modèle 2008. Comme auparavant, le modèle Bullitt
est basé sur le coupé Mustang GT.
L'équipe de stylistes était dirigée par Doug
Gaffka: "J'ai vu le film Bullitt quand j'étais enfant
et c'est ce qui m'a donné envie de devenir un designer dans
l'automobile!", déclarait-il.C'est
le plus beau mandat d'une vie, dans ce cas-là.
Cette fois-ci, l'étalon cabré a été ôté de
la calandre, comme dans le film - sur l'édition 2001, il avait
simplement été noirci.
La
calandre 2008 a également une grille noire unique, encerclé par
une couronne chromée.
La seule inscription extérieure sur la voiture est le mot "Bullitt",
gravé sur un faux bouchon de réservoir sur le couvercle
du coffre.
La partie arrière est similaire à celle de la GT,
mais avec trois embouts d'échappement chromés qui lui
sont propres.
Pour ce qui est du choix de couleur:
vert.
Comme dans le film, la Bullitt 2008 est livrée dans ce même
'vert foncé écossais'. Si vous insistez, Ford vous
en vendra une noire. L'habitacle est souligné avec des garnitures
d'aluminium, avec un panneau appliqué simulant les traces
d'usinage sur le tableau de bord - pas comme la voiture de McQueen,
mais comme plusieurs voitures sport contemporaines. Les anneaux encerclant
les compteurs sont également en aluminium, de même que
les couvercles des pédales et le pommeau du sélecteur
de vitesses, qui remplace le pommeau gainé de cuir livré de
série sur la GT.
Les sièges en cuir noir ont des supports lombaires et latéraux
rappelant ceux de la Shelby GT500.
Plus de puissance, meilleure tenue de route et meilleurs freins
Les changements mécaniques semblent moins profonds que sur la version
2001 - pas de disques de freins Brembo, par exemple. Mais, dans ce cas-ci,
il en faut simplement moins parce que la GT 2008 est bien supérieure à la
GT 2001.
Un
nouveau système de prise d'air frais, un nouvel échappement
double complet et un module de gestion du moteur recalibré augmente
la puissance de 300 à 315 chevaux tandis que le couple maximal passe
de 320 à 325 lb-pi.
Ces données sont obtenues avec de l'essence régulière;
le module de gestion détecte la qualité de l'essence
et les performances sont améliorées lorsque de l'essence
super est utilisée.
Voici une histoire intéressante sur le système d'échappement
- les ingénieurs de Ford ont utilisé une version numérique
de la bande sonore de Bullitt pour obtenir une sonorité d'échappement
aussi proche que possible de celle de la Mustang du film.
La boîte de vitesses manuelle Tremec à cinq rapports
a une démultiplication finale plus courte (3,73:1 contre 3,31
:1) pour obtenir des accélérations plus vives.
Les
nouvelles jambes de force et les nouveaux amortisseurs sont conçus
pour améliorer la tenue
de route avec une détérioration limitée du
roulement. Des jantes "Euroflange",
gris argent foncé, imitent celles de la voiture originelle,
mais leur diamètre de 18 pouces est nettement supérieur.
Mais le changement le plus important touchant la suspension est sans
doute l'adoption de l'entretoise reliant les sommets des jambes de
force.
Aussi rigides que puissent être les nouveaux châssis,
la flexion à laquelle sont soumis les supports des jambes
de force est incroyable en conduite rapide.
Pas dans le cas de cette Mustang Bullitt.
Les nouvelles garnitures de frein en métal au carbone communiquent
mieux l'adhérence des pneus et résistent mieux à l'évanouissement.
Les étriers sont peints en gris, encore une fois comme sur
la voiture de 1968.
Voiture urbaine, voiture de campagne
En 2001, nous avions conduit la Bullitt sur certaines des mêmes rues
que Steve McQueen dans le film. Bon, un peu moins vite.
Mais,
pour évaluer la nouvelle voiture adéquatement, nous
nous sommes rendus sur Skyline Drive, qui se rend de San Francisco à San
Jose, plus au sud, le long d'une crête rocheuse entre l'Océan
Pacifique et la I-280. S'il existe une route quelque peu sinueuse près
d'une grosse métropole, c'est bien celle-là.
Vous pouvez vraiment vous faire très plaisir sans jamais
dépasser la vitesse limite de 80 km/h (50 mi/h) - ce qui est
une bonne chose parce que, sur une section de cette route, nous avons
du croiser sept voitures de police. Certains de nos collègues
devant nous doivent avoir sauté sur leurs freins.
La principale amélioration des performances de la voiture
vient de l'entretoise entre les supports des jambes de force. Le
train avant mord beaucoup mieux à la route que la GT de base.
L'essieu arrière rebondit encore lorsqu'on le provoque mais
demeure bien contrôlé.
La
direction, comme celle de la GT de base, est presque aussi légère
que celle d'un jeu vidéo - un peu plus de résistance et de sensations
seraient bien agréable, mais on s'y habitue vite.
La qualité de roulement souffre à peine de ces modifications
- c'est toujours une voiture très civilisée et pourrait
facilement être une voiture pour tous les jours. Je défie
quiconque de ressentir l'amélioration de trois dixièmes
de secondes entre zéro et 100 km/h (selon Ford), mais en aucun
temps vous ne vous sentirez handicapé par les performances
de la voiture.
Une boîte manuelle à six rapports serait bien agréable
mais, avec autant de couple et une démultiplication finale
plus courte, le troisième ou le quatrième rapport conviennent à la
plupart des routes sinueuses.
Pourtant, sur l'autoroute, le moteur ronronne à peine, tournant à 2000
tr/min à 100 km/h. |